Immigrés italiens en France

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Isabelle Felici s’adresse avec cet “Appel à l’Ecriture” aux lecteurs italiens pour qu’ils participent à la récolte de témoignages sur l’émigration italienne en France.

Le témoignage des difficultés, des joies, des luttes et des amours des Italiens dans les différentes régions françaises est un patrimoine historique et humain qui enrichit aussi bien les mémoires de la France que celles de l’Italie en consolidant les liens d’amitié et de fraternité qui unissent les deux peuples.

Isabelle Felici a consacré et consacre la plupart de son travail intellectuel à la recherche sur les émigrants italiens, recherche qui a donné naissance à deux livres : “Racines italiennes” et “Enfants d’Italiens, quelle(s) langue(s) parlez-vous?”

Appel à écriture

ISABELLE FELICI

Dans le sillage de Racines italiennes (Laboratoire Babel, Toulon, 2006) et Enfants d’Italiens, quelle(s) langues parlez-vous ? (éditions GEHESS, Toulon, 2009, en collaboration avec Jean-Charles Vegliante, CIRCE Paris 3) commence une troisième aventure commune aux enfants d’Italiens. Les récits et témoignages qu’on voudra bien me confier pour ce prochain recueil relateront les rapports que les Italiens et leurs enfants ont entretenus avec toutes les formes d’altérité face auxquelles leur situation d’émigration/immigration les a placés : populations autochtones, autres Italiens (d’autres régions et/ou arrivés avant eux), autres immigrés, Italiens d’Italie avec lesquels ils ont pu maintenir des contacts… Ces récits et témoignages peuvent émaner d’enfants d’Italiens, mais aussi de ceux qui les ont accueillis et côtoyés dans les villes, quartiers et villages où ils se sont installés. La liste est longue des appellatifs qui ont servi à désigner les Italiens immigrés et leur utilisation a laissé des souvenirs variés (« Au fond, c’était pas méchant », « j’en pleure encore aujourd’hui »…). Aussi variés sont les échanges avec les groupes de populations déjà évoqués ; ces différences de perception peuvent être dues, par exemple, à l’environnement dans lequel chacun a évolué : forte ou faible proportion d’Italiens dans un quartier, une ville ou une région donnés, présence d’autres populations immigrées… (« Il y avait des jalousies, les Italiens étaient travailleurs », « Il n’y avait pas de racisme : il n’y avait que des Italiens ! »). Les modalités d’échange se situent encore à une autre échelle lorsque l’altérité est manifeste au niveau du couple (mariages mixtes) et au sein de la même famille. Loin des affirmations simplistes sur la légendaire « capacité des Italiens à s’intégrer » qu’on veut souvent opposer à la légendaire incapacité d’autres immigrés à s’intégrer, chacun peut contribuer, en se faisant le témoin et le passeur de sa mémoire familiale, à reconstituer, dans toutes ses nuances, la palette de l’installation des Italiens dans leurs terres d’accueil.

Echéance: 20 avril 2014. texte à envoyer par courrier électronique : isabelle.felici@univ-montp3.fr ou par courrier postal : Isabelle Felici Université Paul Valéry Montpellier 3 Route de Mende 34199 Montpellier CEDEX 5

(Voir http://www.margutte.com/?p=3541)